{"id":640,"date":"2025-12-06T17:54:43","date_gmt":"2025-12-06T16:54:43","guid":{"rendered":"https:\/\/jpportevin.fr\/?p=640"},"modified":"2025-12-11T18:26:10","modified_gmt":"2025-12-11T17:26:10","slug":"je-laisse-le-vent-1er-chapitre","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/jpportevin.fr\/index.php\/2025\/12\/06\/je-laisse-le-vent-1er-chapitre\/","title":{"rendered":"Je laisse le vent : 1er chapitre"},"content":{"rendered":"\n<p><em>Au temps qui passe, aux amiti\u00e9s qui perdurent, aux al\u00e9as de la vie qui font ce que nous sommes, \u00e0 nos choix\u2026<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><strong>1<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>C\u00f4tes d\u2019Armor<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Je m\u2019appelle Thomas et en ce d\u00e9but d\u2019automne je marche le long des c\u00f4tes de la Bretagne. Ici, je suis en terrain conquis. La c\u00f4te d\u2019\u00e9meraude n\u2019a plus de secrets pour moi, j\u2019en connais les moindres recoins depuis mon enfance. Adulte, j\u2019ai converti la bande et nous trouvons toujours un moment pour nous y retrouver. Aujourd\u2019hui mes pas sont plus lents mais l\u2019acuit\u00e9 est plus forte comme si le temps qui passe me rend plus apte \u00e0 saisir l\u2019instant : l\u2019instant c\u2019est ce qui reste quand le temps s\u2019amenuise. J\u2019ai trouv\u00e9 cette formule et j\u2019en suis b\u00eatement fier.<\/p>\n\n\n\n<p>Il fait encore beau : le soleil d\u2019automne me semble raccord avec ma vie, chaud mais pas brulant, lumineux mais pas trop, juste ce qu\u2019il faut pour que les d\u00e9tails s\u2019affinent et que le panorama me salue.<\/p>\n\n\n\n<p>Le vent est l\u00e9ger, discret, comme s\u2019il voulait me laisser \u00e0 ma r\u00eaverie. Le vent&nbsp;: beau symbole d\u2019une vie. Brise, bourrasque, tornade, temp\u00eate, ouragan, z\u00e9phir, toutes les nuances y sont pr\u00e9sentes.<\/p>\n\n\n\n<p>Je d\u00e9cide enfin qu\u2019il est temps de<em> les<\/em> rejoindre. <em>Ils <\/em>me connaissent bien et acceptent mes petites escapades solitaires mais il faut doser ces petites solitudes : l\u2019ami accepte mais il faut aussi le traiter avec d\u00e9licatesse, ne pas le froisser, le pousser \u00e0 bout.&nbsp; Ceux qui me connaissent moins me disent un peu sauvage : c\u2019est faux. C\u2019est juste que de temps en temps j\u2019ai besoin d\u2019\u00eatre au calme. J\u2019aime les gens mais avec parcimonie et si les autres nous sont indispensables il m\u2019arrive je le reconnais, d\u2019avoir une pouss\u00e9e de misanthropie comme on peut avoir une pouss\u00e9e de fi\u00e8vre. Mais attention rien de grave : il faut juste que dans ces cas-l\u00e0 je rentre dans mon terrier mais la bande du \u00ab <em>58 <\/em>\u00bb c\u2019est autre chose.<\/p>\n\n\n\n<p>Gr\u00e2ce \u00e0 eux, j\u2019ai appris \u00e0 apprivoiser ce sentiment si d\u00e9licat parfois que l\u2019on pr\u00e9tend qu\u2019entre un homme et une femme c\u2019est compliqu\u00e9, voire impossible.&nbsp; La question se pose c\u2019est vrai et j\u2019avoue que je reste sur mes gardes avec ce j\u2019appelle ce \u00ab sentiment de bord de lit \u00bb. Encore une de mes formules que je me plais \u00e0 inventer. Plus d\u2019une fois j\u2019ai ressenti cette sensation troublante qu\u2019il aurait suffi d\u2019un geste, d\u2019un regard plus prononc\u00e9 pour que l\u2019amie se transforme en amante.<\/p>\n\n\n\n<p>Avec Marc et Paul la question ne s\u2019est jamais pos\u00e9e. D\u00e8s la premi\u00e8re rencontre l\u2019amiti\u00e9 n\u2019a jamais eu de concurrente. Elle \u00e9tait l\u00e0, bien install\u00e9e, \u00e9vidente. Pour le misanthrope altruiste que je suis (oui encore une formule) c\u2019est m\u00eame \u00e9tonnant et quelque peu d\u00e9stabilisant de d\u00e9couvrir avec ces \u00ab deux-l\u00e0 \u00bb ce lien si particulier.<\/p>\n\n\n\n<p>Une bourrasque d\u2019un vent capricieux me ram\u00e8ne \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9 et celle-ci est plut\u00f4t morose. La mort de L\u00e9ane a surpris tout le monde. Nous qui avions l\u2019habitude de vivre avec insouciance voil\u00e0 que nous sommes ramen\u00e9s \u00e0 notre condition. Bien s\u00fbr nous ne sommes plus des enfants \u00e0 soixante ans pass\u00e9s mais de l\u00e0 \u00e0 nous consid\u00e9rer comme vieux ! Le temps est pass\u00e9, il n\u2019a que \u00e7a \u00e0 faire dit-on mais pas nous !<\/p>\n\n\n\n<p>Il a fallu que L\u00e9ane nous rappelle \u00e0 l\u2019ordre. Une route qu\u2019elle empruntait souvent et qui ce jour-l\u00e0 nous l\u2019a prise : saloperie de route ! Pourtant elle est du coin comme l\u2019on dit. Bretonne pure souche. C\u2019est elle qui nous a d\u00e9nich\u00e9 la maison, du moins la ruine qui correspondait \u00e0 nos finances de l\u2019\u00e9poque car si l\u2019amiti\u00e9 ne connait point de limite, il arrive que les comptes en banque soient in\u00e9gaux. Qu\u2019importe, l\u2019acte notarial nous mentionne tous comme \u00e9tant propri\u00e9taires. La cr\u00e9maill\u00e8re fut une f\u00eate, presque une c\u00e9r\u00e9monie si l\u2019on tient compte que chacun tenait dans ses mains le trousseau de clefs et jamais il n\u2019y eut la moindre anicroche pour l\u2019occupation des lieux.<\/p>\n\n\n\n<p>Le vent redouble et la pluie s\u2019invite, un petit crachin breton qui ne me d\u00e9range pas mais il est temps de rejoindre cette vieille baraque en granit comme il sied \u00e0 une maison bretonne, avec sa rang\u00e9e d\u2019hortensias. Si la fa\u00e7ade peut faire illusion l\u2019int\u00e9rieur laisse encore \u00e0 d\u00e9sirer.&nbsp; Tous les \u00e9t\u00e9s nous nous retrouvons pour lui rendre sa splendeur pass\u00e9e. C\u2019est une petite baraque certes mais qui met un point d\u2019honneur \u00e0 r\u00e9sister aux temp\u00eates et c\u2019est tout \u00e0 fait ce qu\u2019il nous faut en ce foutu mois de novembre.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>*<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>La chemin\u00e9e ronronne, le feu cr\u00e9pite, les plaids sont de sortie, les tisanes \u00e9galement. Les anecdotes fusent et s\u2019entrechoquent : on passe de l\u2019une \u00e0 l\u2019autre, depuis le temps qu\u2019on se connait on a du stock.<\/p>\n\n\n\n<p>Toute la bande est r\u00e9unie, on se croirait dans un film de Sautet ; pas un ne manque \u00e0 l\u2019appel. Bien enfonc\u00e9 dans le canap\u00e9, Paul s\u2019est plong\u00e9 dans un mot fl\u00e9ch\u00e9 force 5, histoire de se lancer un de ses d\u00e9fis dont il est coutumier. Paul est un g\u00e9ant d\u00e9bonnaire, un gaillard qui entend bien prouver au temps qui passe qu\u2019il est plus rapide que lui et qu\u2019il aura bien du mal \u00e0 le rattraper. Mais la mort de L\u00e9ane semble l\u2019avoir atteint comme tout le monde : saloperie de route !<\/p>\n\n\n\n<p>A ses c\u00f4t\u00e9s, sa femme, Val\u00e9rie, une adepte des graines, picore sans s\u2019en rendre compte des biscuits ap\u00e9ritifs qui trainent l\u00e0 et qu\u2019elle engouffre m\u00e9caniquement. Entre deux bouch\u00e9es compulsives elle sirote une tisane de sa composition.<\/p>\n\n\n\n<p>A peine revenu, tremp\u00e9 comme une soupe je file \u00e0 la douche. Je sais d\u00e9j\u00e0 qu\u2019\u00e0 c\u00f4t\u00e9 de Clara, ma place est r\u00e9serv\u00e9e. C\u2019est la femme de Marc. Je suis son coll\u00e8gue de plaid attitr\u00e9. Personne ne se risque \u00e0 contester cette \u00e9vidence d\u2019autant que de ses origines siciliennes Clara a gard\u00e9 un go\u00fbt prononc\u00e9 pour d\u00e9fendre ce qu\u2019il y a \u00e0 d\u00e9fendre : son bien, sa famille et en l\u2019occurrence son coin de chemin\u00e9e et son plaid ! Je suis le seul \u00e0 \u00eatre tol\u00e9r\u00e9. C\u2019est qu\u2019avec les anciens on ne plaisante pas en Sicile : l\u2019\u00e2ge \u00e7a se respecte et de fait, elle et moi sommes les plus \u00e2g\u00e9s mais nous faisons semblant de nous en moquer. L\u2019amiti\u00e9 se b\u00e2tit aussi sur des habitudes.<\/p>\n\n\n\n<p>Marc et Isabelle sont attabl\u00e9s et feuillettent sans trop y pr\u00eater attention le livret que la paroisse leur a donn\u00e9 afin de pr\u00e9parer la c\u00e9r\u00e9monie. Marc a beau respecter les traditions c\u2019est un catholique intermittent, un catholique tr\u00e8s protestant comme il aime \u00e0 le r\u00e9p\u00e9ter. Toujours tir\u00e9 \u00e0 quatre \u00e9pingles voire m\u00eame \u00e0 cinq. Il est loin le temps o\u00f9 jeune \u00e9tudiant il circulait dans les quartiers de Tours sur un v\u00e9lo d\u2019un jaune improbable et affubl\u00e9 d\u2019un loden fatigu\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Isabelle ma femme fait partie de ces chr\u00e9tiens qui donneraient envie \u00e0 un ath\u00e9e de se pr\u00e9parer au bapt\u00eame. Elle ne fait aucun effort pour \u00e7a, c\u2019est sa nature. Un optimisme \u00e0 toute \u00e9preuve, un sourire \u00e0 damner un saint et un humour peu fr\u00e9quent chez les catholiques pratiquants. &nbsp;Cela dit, elle aussi a choisi le silence, elle annote quelques mots c\u2019est tout. L\u00e9ane, elle la connaissait peu mais elle voit bien le s\u00e9isme que sa mort provoque.<\/p>\n\n\n\n<p>Et puis il y a Pascale. Une revenante, perdue de vue depuis si longtemps. Une de ces petites brunettes p\u00e9tillantes qui poss\u00e8de deux atouts importants qui lui ont permis d\u2019\u00eatre accept\u00e9e dans notre colocation du \u00ab&nbsp;58&nbsp;\u00bb. Le premier : les paniers de provisions qu\u2019elle rapportait de la ferme familiale et des chasses paternelles. Le second : un sourire \u00e0 faire tomber le plus balourd des hommes. Comme tout le monde elle a ses failles. Heureusement, la perfection m\u2019a toujours horripil\u00e9e. Les failles des autres me rassurent, ce sont des portes d\u2019entr\u00e9e !<\/p>\n\n\n\n<p>Elle a repris contact depuis peu. Je n\u2019ai jamais compris pourquoi.&nbsp; Nous avions tous construit nos vies. Peut-\u00eatre \u00e0 la fin d\u2019une journ\u00e9e p\u00e9nible a-t-elle souffert d\u2019un syndrome bien connu de celles et ceux qui abordent la soixantaine&nbsp;: \u00e0 savoir une envie presque boulimique de jeunesse. Certains appellent cela de la nostalgie. Le mot me plait, il n\u2019est pas triste, il est doux. Le lien s\u2019est retiss\u00e9 simplement. Elle a fait comme les autres : la, vie, le temps et tout ce qui va avec. &nbsp;Elle semble plus apais\u00e9e, moins attach\u00e9e \u00e0 l\u2019apparence mais peut-\u00eatre est-ce une impression.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;Il eut \u00e9t\u00e9 de la plus inf\u00e2me goujaterie de ne pas la r\u00e9int\u00e9grer car elle a fait partie du 58 rue Victor Hugo \u00e0 Tours. Adresse rest\u00e9e c\u00e9l\u00e8bre dans les annales \u00e9tudiantes des ann\u00e9es 80. Ce \u00ab 58 \u00bb est rest\u00e9 dans les m\u00e9moires comme une v\u00e9ritable \u00e9pop\u00e9e. Un de ces lieux ouvert aux quatre vents, accueillant tout ce qui peut s\u2019accueillir : une violoniste japonaise adepte des algues qu\u2019un de nos amis a tent\u00e9 de fumer pendant son absence. Pr\u00e9cisons que l\u2019ami en question est un adepte de la fumette, quelle qu\u2019elle soit. Les algues l\u2019ont laiss\u00e9 de marbre. Ce fumeur d\u2019algues a aussi une autre sp\u00e9cialit\u00e9 qui peut effrayer : d\u00e9biter des po\u00e8mes peu acad\u00e9miques avec un vocabulaire tr\u00e8s imag\u00e9 n\u00e9cessitant le dictionnaire de l\u2019argot et des locutions populaires \u00e9dit\u00e9 par Larousse et certainement utilis\u00e9 par la r\u00e9daction de Charlie Hebdo. Et encore, je ne suis pas certain que les po\u00e8mes de notre ami n\u2019aient pas invent\u00e9 de nombreuses formules non r\u00e9pertori\u00e9es. C\u2019\u00e9tait assez \u00e9tonnant d\u2019autant qu\u2019il les d\u00e9clamait avec une ardeur renforc\u00e9e par le fait que la plupart du temps, il le faisait v\u00eatu d\u2019un simple slip kangourou dont les \u00e9lastiques \u00e9taient quelque peu rel\u00e2ch\u00e9s : la violoniste s\u2019est rapidement carapat\u00e9e.&nbsp; Elle a \u00e9t\u00e9 remplac\u00e9e par un australien qui n\u2019avait pas le physique d\u2019un surfeur ce qui fut la raison de son acceptation car nous, les gar\u00e7ons, acceptions mal une concurrence d\u00e9loyale. C\u2019est une \u00e9vidence et il ne sert \u00e0 rien de le nier, le surfeur australien est par essence une concurrence d\u00e9loyale ! L\u2019\u00e9tudiant cambodgien qui suivit ne resta pas longtemps : c\u2019est dommage, il avait l\u2019air sympathique. Nul ne comprit les causes de son d\u00e9part pr\u00e9cipit\u00e9. Pascale tenta bien de nous convaincre qu\u2019il avait \u00e9t\u00e9 maladroit pour son arriv\u00e9e de lui faire r\u00e9chauffer une boite de raviolis mais l\u2019argument n\u2019emporta pas l\u2019adh\u00e9sion : les raviolis \u00e9taient bons, bien que la date de p\u00e9remption f\u00fbt l\u00e9g\u00e8rement d\u00e9pass\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans la cuisine Marie occupe les lieux&nbsp;: une femme de caract\u00e8re, une femme forte comme l\u2019on dit quand une repr\u00e9sentante de la gente f\u00e9minine r\u00e9siste aux \u00e9preuves de la vie&nbsp;: une femme en un mot&nbsp;! On rencontre parfois de ces gens que la vie rabote jusqu\u2019\u00e0 la corde et on ne voit trop souvent que les copeaux qui s\u2019en d\u00e9tachent mais le bois qui reste est solide&nbsp;: Marie est de ce bois-l\u00e0. L\u2019amour a eu pour elle le visage&nbsp; d\u2019un solide vigneron puis la mort est venue fracasser tout \u00e7a mais elle n\u2019est pas du genre \u00e0 se fracasser facilement. Nous sommes tous un peu estomaqu\u00e9s quand on repense \u00e0 l\u2019\u00e9tudiante \u00e0 la salopette constell\u00e9e de petits ronds de couleurs et \u00e0 la tignasse en bataille et que se dresse devant nous une cheffe d\u2019entreprise au regard d\u00e9termin\u00e9. Veuve, elle est rest\u00e9e c\u00e9libataire&nbsp;: nous ne lui connaissons pas d\u2019aventures&nbsp; mais ce n\u2019est pas le genre de la maison. Marie c\u2019est le genre de femme qui a d\u00fb batailler ferme pour se faire accepter par sa belle-famille. C\u2019est qu\u2019il est question-l\u00e0 de terroir, de c\u00e9pages, de domaines. Pas question de laisser tout cela partir \u00e0 vau l\u2019eau. Comme je suis soucieux d\u2019une certaine culture g\u00e9n\u00e9rale je souligne que vau est une ancienne variante de val ou aval, de cette id\u00e9e d\u2019\u00e9coulement vers le bas est n\u00e9 le sens figur\u00e9 de se perdre, de p\u00e9ricliter.<\/p>\n\n\n\n<p>Et l\u2019entreprise ne peut que se f\u00e9liciter du travail de Marie qui m\u00e8ne terroirs, c\u00e9pages et domaines vers l\u2019excellence. Comme Pascale, elle a repris contact il y a peu et est arriv\u00e9e avec une caisse de Joseph Mellot la chatellenie 2015. Gr\u00e2ce \u00e0 elle nous avons une cave digne des plus grands.<\/p>\n\n\n\n<p>Le \u00ab&nbsp;58&nbsp;\u00bb accueillait aussi des connaissances pistonn\u00e9es, faisant leur service militaire dans la caserne toute proche et qui pr\u00e9f\u00e9raient squatter les chambres au lieu de profiter d\u2019un dortoir militaire empli d\u2019une bonne odeur de testost\u00e9rone. Et il faut aussi parler des silhouettes f\u00e9minines qui ne faisaient que passer pour beaucoup d\u2019entre elles, pour avoir une vague id\u00e9e du 58 rue Victor Hugo \u00e0 Tours. Nous \u00e9tions jeunes et pensions \u00e0 l\u2019\u00e9poque que cela excusait tout.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>*<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Bien cal\u00e9 avec mon plaid, j\u2019entends les murmures de Marc et Isabelle, le frottement des pages du livre de Pascale, le souffle discret de Val\u00e9rie sur sa tisane et les grognements \u00e9touff\u00e9s de Paul devant une d\u00e9finition qui a l\u2019outrecuidance de lui faire obstacle.<\/p>\n\n\n\n<p>Je ne fais rien d\u2019autre que de laisser mon esprit vagabonder \u00e0 sa guise, une de mes activit\u00e9s favorites. Notre amie est morte et je me dis que la vie reste une \u00e9nigme.&nbsp; Ce soir j\u2019ai envie de la r\u00e9soudre.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Au temps qui passe, aux amiti\u00e9s qui perdurent, aux al\u00e9as de la vie qui font ce que nous sommes, \u00e0 nos choix\u2026 1 C\u00f4tes d\u2019Armor &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Je m\u2019appelle Thomas et [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"sfsi_plus_gutenberg_text_before_share":"","sfsi_plus_gutenberg_show_text_before_share":"","sfsi_plus_gutenberg_icon_type":"","sfsi_plus_gutenberg_icon_alignemt":"","sfsi_plus_gutenburg_max_per_row":"","footnotes":""},"categories":[24],"tags":[],"class_list":["post-640","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-les-premiers-chapitres-de-mes-romans-feel-good"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/jpportevin.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/640","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/jpportevin.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/jpportevin.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/jpportevin.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/jpportevin.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=640"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/jpportevin.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/640\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":645,"href":"https:\/\/jpportevin.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/640\/revisions\/645"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/jpportevin.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=640"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/jpportevin.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=640"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/jpportevin.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=640"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}