{"id":614,"date":"2025-08-04T15:34:07","date_gmt":"2025-08-04T13:34:07","guid":{"rendered":"https:\/\/jpportevin.fr\/?p=614"},"modified":"2025-08-04T15:42:23","modified_gmt":"2025-08-04T13:42:23","slug":"le-tome-4-du-souffle-daskat","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/jpportevin.fr\/index.php\/2025\/08\/04\/le-tome-4-du-souffle-daskat\/","title":{"rendered":"Le tome 4 du Souffle d&rsquo;Askat"},"content":{"rendered":"\n<p>Les petites maisons d&rsquo;\u00e9dition ayant de plus en plus de difficult\u00e9s ce dernier volume qui met fin \u00e0 la saga n&rsquo;est pas \u00e9dit\u00e9 chez Astralabe \u00e9dition mais auto publi\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p><em>La mort d\u2019Enoim a d\u00e9vast\u00e9 Magph\u00e9a qui part \u00e0 l\u2019aventure au-del\u00e0 des mers. Dans des contr\u00e9es lointaines, la folie des hommes reste pr\u00e9sente et la magie cherche \u00e0 r\u00e9tablir le destin.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>Un monde passe et se d\u00e9chaine avant que le temps des hommes s\u2019installe.&nbsp; Le retour de l\u2019elfe se fera-t-il avant que les royaumes ne s\u2019effacent&nbsp;?<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>Journal d\u2019Il\u00e9na souveraine des dames vertes&nbsp;<\/em><br><\/p>\n\n\n\n<p><strong>1<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>La pierre<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Madura s\u2019\u00e9tait r\u00e9veill\u00e9e alors que le soleil n\u2019\u00e9tait pas encore sorti du sommeil de la nuit. Seule la lune veillait sur le hameau. La jeune femme s\u2019\u00e9tait lev\u00e9e comme tous les matins, sans faire de bruit, plus par habitude que par le souci de pr\u00e9server le repos de sa grand-m\u00e8re. La vieille femme ne dormait plus beaucoup et depuis la mort de ses parents c\u2019est elle qui s\u2019occupait de ses deux petites filles mais ces derniers temps elle n\u2019\u00e9tait plus capable de traire les yacks. Bient\u00f4t viendrait le moment de l\u2019accompagner pour le dernier voyage. Madura avait d\u00e9j\u00e0 creus\u00e9 la tombe, un simple trou qui se trouvait sur le flanc de la montagne et devant lequel elle passa pour rejoindre l\u2019enclos des yacks qui commen\u00e7aient \u00e0 s\u2019agiter en l\u2019entendant arriver. Rapidement, elle installa le petit tabouret et se colla \u00e0 l\u2019\u00e9paisse fourrure qui la r\u00e9chauffa un peu. Comme si les animaux avaient compris qu\u2019ils n\u2019auraient plus longtemps \u00e0 attendre, ils se fig\u00e8rent dans le silence. Madura passait de l\u2019un \u00e0 l\u2019autre remplissant le tonnelet de bois d\u2019un lait \u00e9pais. Une fois fini son ouvrage, elle versa plusieurs de ces tonnelets dans une grande auge en pierre qu\u2019elle ferma d\u2019une simple planche. Sa s\u0153ur viendrait plus tard trainer des r\u00e9cipients plus petits pour les amener \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de la cabane. C\u2019est l\u00e0 qu\u2019elles fabriqueraient le fromage.<\/p>\n\n\n\n<p>Madura revint vers le village et une fois \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de la cabane en pierres grossi\u00e8rement taill\u00e9es, elle raviva le feu. Une douce lumi\u00e8re \u00e9claira la pi\u00e8ce unique qui servait \u00e0 la fois de cuisine et de chambre \u00e0 coucher. Instinctivement, la vieille commen\u00e7a \u00e0 bouger, quant \u00e0 sa petite s\u0153ur Amrita, elle grogna un peu et se recroquevilla davantage dans les couvertures. On la devinait tout juste sous l\u2019\u00e9paisse peau de yack qui la recouvrait enti\u00e8rement. Visiblement elle n\u2019\u00e9tait pas encore pr\u00eate \u00e0 ouvrir les yeux et s\u2019\u00e9tait fabriqu\u00e9 un ultime refuge avant d\u2019affronter le jour et ses corv\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p>Madura fit r\u00e9chauffer le th\u00e9 qu\u2019elle agr\u00e9menta de feuilles sauvages. La boisson sentait fort mais elle \u00e9tait revigorante. Quant \u00e0 l\u2019odeur, Madura ne la sentait plus&nbsp;: tout ici sentait le lait, caill\u00e9 ou pas. Elle but lentement pour ne point se bruler. Elle avait seize ou dix-sept ans, ne savait pas tr\u00e8s bien. Elle \u00e9tait encore jolie avec ses yeux rieurs et sa peau fine malgr\u00e9 le froid qui r\u00e9gnait sur le plateau. Sa beaut\u00e9 sauvage resplendissait aux yeux de tous les hommes du village mais elle savait que sous le vent, la rigueur du climat, la froidure de l\u2019hiver et le quotidien difficile, sa peau se mettrait \u00e0 craqueler rapidement. Ses yeux perdraient leur aspect rieur, ses dents peut-\u00eatre se d\u00e9chausseraient, c\u2019\u00e9tait ainsi pour toutes les filles, elle le savait.<\/p>\n\n\n\n<p>Elle avait d\u00e9j\u00e0 vu des beaut\u00e9s se ratatiner et devenir des ombres que les hommes ne regardaient plus. Elle \u00e9tait bien d\u00e9cid\u00e9e \u00e0 la prochaine foire de Kh\u00f5t, la grande ville de la vall\u00e9e, \u00e0 se d\u00e9goter un mari qui puisse l\u2019emmener loin d\u2019ici. Elle avait d\u00e9j\u00e0 remarqu\u00e9, les jours d\u2019\u00e9t\u00e9, quand elle se baignait dans la rivi\u00e8re que les gar\u00e7ons du hameau la regardaient avec envie. L\u2019eau \u00e9tait froide mais la fraicheur faisait darder le bout de ses seins et les hommes, jeunes ou vieux semblaient appr\u00e9cier comme on le fait de ce que l\u2019on sait \u00e9ph\u00e9m\u00e8re. Si elle restait trop longtemps au village les seins de Madura ne seraient alors que des souvenirs. Pour autant, aucun des gar\u00e7ons ou des hommes n\u2019osait tenter sa chance. Madura avait son caract\u00e8re et elle \u00e9tait la petite fille de la chamane&nbsp;: mieux valait se m\u00e9fier. Elle se savait donc jolie et tant pis si le mari qu\u2019elle se trouverait \u00e9tait plus \u00e2g\u00e9 qu\u2019elle. Ici, il fallait se contenter de ce que la vie vous offrait. Quitter le hameau suffirait \u00e0 son bonheur, sa petite s\u0153ur suivrait plus tard. &nbsp;Amrita, c\u2019\u00e9tait son nom, deviendrait une belle jeune femme, on le devinait d\u00e9j\u00e0 \u00e0 ses courbes harmonieuses pour une jeune fille et son air espi\u00e8gle laissait supposer qu\u2019elle saurait se d\u00e9brouiller elle aussi.<\/p>\n\n\n\n<p>La chamane se r\u00e9veillait enfin. Le temps qu\u2019elle s\u2019habille, Madura s\u2019attarda sur sa peau craquel\u00e9e, ses yeux presque ferm\u00e9s, la bouche \u00e0 qui il manquait quelques dents. Les seins pendouillaient mis\u00e9rablement&nbsp;: peut-\u00eatre fut-elle belle autrefois et Madura voyait sous ses yeux un avenir qu\u2019elle ne d\u00e9sirait pas.<\/p>\n\n\n\n<p>La vieille enfila une longue tunique sur laquelle elle mit un grand ch\u00e2le un peu rapi\u00e9c\u00e9 en laine de yack. Ses longs cheveux gris \u00e9taient filasseux. La grand-m\u00e8re vint s\u2019assoir aux c\u00f4t\u00e9s de sa petite fille. Elles burent en silence et croqu\u00e8rent des galettes d\u2019Anaja une c\u00e9r\u00e9ale qui \u00e9tait la seule \u00e0 pousser \u00e0 ces hauteurs et \u00e0 supporter le froid qui y r\u00e8gne. Amrita s\u2019\u00e9tirait \u00e0 son tour et finit par rejoindre les deux autres femmes. Le soleil avait d\u00e9sormais fait son entr\u00e9e et le vent de la nuit en avait termin\u00e9. Il \u00e9tait temps d\u2019aller recueillir le lait pour Amrita et d\u2019aller cueillir le th\u00e9 pour Madura. Les champs \u00e9taient \u00e0 quelques distances du hameau sur le versant le plus ensoleill\u00e9. Elle y passa sa journ\u00e9e. La r\u00e9colte fut bonne, le poids du sac qu\u2019elle portait gr\u00e2ce \u00e0 un ruban qui enserrait son front en attestait. Elle avait h\u00e2te de rentrer pour d\u00e9poser son fardeau et aller se rafraichir \u00e0 la rivi\u00e8re. Peut- \u00eatre que les gar\u00e7ons y seraient aussi. Elle s\u2019amusait de leur trouble et leurs regards la confortait dans sa d\u00e9cision&nbsp;: il \u00e9tait temps d\u2019aller \u00e0 Kh\u00f5t pour s\u2019y d\u00e9nicher celui qui l\u2019emm\u00e8nerait loin d\u2019ici. C\u2019est sur le chemin du retour que son pied heurta une pierre. Elle faillit faire tomber sa r\u00e9colte mais se rattrapa \u00e0 temps. Elle d\u00e9posa son ballot pour s\u2019assoir et se masser longuement avec la petite fiole que sa grand-m\u00e8re lui avait donn\u00e9e. Elle se fit la remarque que c\u2019\u00e9tait quand m\u00eame bien pratique d\u2019\u00eatre la petite fille de la chamane. Sa connaissance des herbes la soulageait souvent. Elle insista longuement car l\u2019huile sentait bon et elle se perdit un peu dans ses pens\u00e9es imaginant l\u2019homme de la ville la massant langoureusement quand le plus petit des enfants du village vint \u00e0 sa rencontre.<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li>Madura enfin je te trouve, ta grand-m\u00e8re est au plus mal.<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p>Elle se leva, remit son ballot sur la t\u00eate et allait se mettre en route quand elle remarqua la pierre sur laquelle elle avait but\u00e9. Elle crut r\u00eaver un instant et renvoya le gamin.<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li>File, j\u2019arrive, le temps de remettre mes sandales.<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p>L\u2019\u00e9tat de sa grand-m\u00e8re l\u2019inqui\u00e9tait certes mais depuis le temps qu\u2019elle se pr\u00e9parait \u00e0 ce moment, elle ne paniqua pas. En plus, ces derni\u00e8res semaines, la vieille perdait son app\u00e9tit et le souffle \u00e9tait de plus en plus t\u00e9nu, rien de surprenant \u00e0 ce qu\u2019elle fasse un malaise, cela lui arrivait parfois. Elle avait le temps de jeter un \u0153il \u00e0 cette pierre \u00e9trange qui attirait son regard. Au premier abord elle n\u2019avait rien de sp\u00e9cial, un de ces cailloux tranchants qui se font un malin plaisir de vous \u00e9corcher les pieds si l\u2019on n\u2019y fait pas attention mais en la prenant dans sa main et en enlevant la terre qui la recouvrait, elle s\u2019aper\u00e7ut que la pierre \u00e9tait ronde et douce au toucher et quand elle la nettoya en la trempant dans l\u2019eau de la rivi\u00e8re, le soleil la fit briller de mille feux.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les petites maisons d&rsquo;\u00e9dition ayant de plus en plus de difficult\u00e9s ce dernier volume qui met fin \u00e0 la saga n&rsquo;est pas \u00e9dit\u00e9 chez Astralabe \u00e9dition mais auto publi\u00e9. 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