{"id":608,"date":"2025-08-04T15:25:26","date_gmt":"2025-08-04T13:25:26","guid":{"rendered":"https:\/\/jpportevin.fr\/?p=608"},"modified":"2025-08-04T15:25:30","modified_gmt":"2025-08-04T13:25:30","slug":"le-premier-chapitre-du-tome-1-du-souffle-daskat","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/jpportevin.fr\/index.php\/2025\/08\/04\/le-premier-chapitre-du-tome-1-du-souffle-daskat\/","title":{"rendered":"le premier chapitre du tome 1 du Souffle d&rsquo;Askat"},"content":{"rendered":"\n<p><strong>Le souffle d\u2019Askat T1 : A\u00efwendil le brave<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Fuyant son pass\u00e9, le taciturne guerrier A\u00efwendil se r\u00e9fugie dans une \u00e9glise en ruine. Il y rencontre Abdias, l\u2019\u00e9trange pr\u00eatre d\u2019une religion oubli\u00e9e. Face au pouvoir sans limites de l\u2019imp\u00e9rator, l\u2019\u00e2me damn\u00e9e d\u2019Astaroth, le prince des t\u00e9n\u00e8bres, ils s\u2019allieront aux enchanteresses et aux elfes, aux amazones et aux lutins, afin de constituer une arm\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p><em>Il y a dix mille ans de cela, apr\u00e8s la guerre des dieux, l\u2019empire de Polite\u00efa r\u00e9gna sur le monde, puis vint le temps des ombres noires et de l\u2019imp\u00e9rator. C\u2019est alors que deux hommes se rencontr\u00e8rent.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Journal d\u2019Il\u00e9na, souveraine des dames vertes<\/p>\n\n\n\n<p><strong>1<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Abdias et le maraudeur<\/p>\n\n\n\n<p>Le vieux b\u00e2timent de pierre grise se distinguait \u00e0 peine, comme abandonn\u00e9 au creux d\u2019une lande parsem\u00e9e d\u2019arbres d\u00e9charn\u00e9s qui attendaient, fig\u00e9s, un printemps improbable. La r\u00e9gion enti\u00e8re grelottait, englu\u00e9e dans un hiver sans nom. L\u2019homme s\u2019enveloppa davantage dans sa lourde cape qui le prot\u00e9geait d\u2019un vent sournois, si violent parfois qu\u2019il pr\u00e9f\u00e9ra l\u2019ignorer. Tout autour de lui la nature, elle aussi, avait compris qu\u2019il fallait courber l\u2019\u00e9chine et attendre.<\/p>\n\n\n\n<p>Il progressait lentement, d\u00e9j\u00e0 plusieurs heures qu\u2019il marchait, mais le pas restait r\u00e9gulier. L\u2019homme \u00e9tait visiblement un habitu\u00e9 des chemins, grands ou petits. La nuit approchait. Maraudeur ou pas, il lui fallait trouver un refuge. Si ses poursuivants avaient abandonn\u00e9 la traque, ce n\u2019\u00e9tait que provisoire, et les chiens des plateaux allaient bient\u00f4t sortir de leurs tani\u00e8res. Mieux valait les \u00e9viter : des chiens de loqueteux, maigres \u00e0 faire peur. Le poil ras, le museau allong\u00e9, des crocs ac\u00e9r\u00e9s, ils chassaient la plupart du temps par horde d\u2019une dizaine d\u2019individus. L\u2019homme allongea le pas, sa main serr\u00e9e sur la garde de son \u00e9p\u00e9e. Il n\u2019\u00e9tait plus tr\u00e8s loin de la vieille \u00e9glise o\u00f9 il avait pr\u00e9vu de passer la nuit. Alors qu\u2019il commen\u00e7ait \u00e0 en deviner les contours, il aper\u00e7ut l\u2019ombre chancelante d\u2019un feu. Il avan\u00e7a avec prudence, s\u2019arr\u00eatant parfois de longs moments, attentif au moindre bruit. Une \u00e9norme souche que la foudre avait frapp\u00e9e il y a peu, \u00e0 en croire l\u2019odeur de brul\u00e9 encore tenace, lui servit de promontoire. La ruine avait beau \u00eatre une \u00e9glise, lui ne se fiait \u00e0 aucun dieu, son instinct lui suffisait. Mais c\u2019\u00e9tait l\u00e0 qu\u2019il passerait la nuit et si l\u2019homme du feu comptait s\u2019y opposer, il s\u2019en d\u00e9barrasserait sans probl\u00e8me. Il se hissa sans difficult\u00e9 au niveau d\u2019un vitrail tout aussi fatigu\u00e9 que l\u2019ensemble. Ce qu\u2019il vit le rassura. L\u2019homme \u00e9tait seul, enti\u00e8rement nu, \u00e9maci\u00e9, la silhouette \u00e9lanc\u00e9e pour ce qu\u2019il pouvait en voir et il alimentait un maigre feu faisant s\u00e9cher ses v\u00eatements et r\u00f4tir un li\u00e8vre qui paraissait bien maigrichon. Une fois descendu de la souche, il s\u2019approcha de la porte, seul endroit encore vaillant de l\u2019\u00e9difice. Le maraudeur entra brusquement&nbsp;: il est toujours bon de surprendre celui qu\u2019on ne connait pas, une des premi\u00e8res choses qu\u2019on lui avait apprises&nbsp;<em>l\u00e0-bas<\/em>. Le vent glacial s\u2019engouffra dans la pi\u00e8ce avec fureur, prenant possession des lieux, et souffla les braises, l\u2019homme ne bougea pas d\u2019un pouce, prot\u00e9geant juste le feu de sa main, continuant de tourner sa broche sur laquelle l\u2019animal finissait de cuire.<\/p>\n\n\n\n<p>\u2014&nbsp;Referme la porte, l\u2019ami, tu vois bien que je suis nu, et la nuit n\u2019est gu\u00e8re engageante.<\/p>\n\n\n\n<p>Le maraudeur avait d\u00e9j\u00e0 sorti sa dague et s\u2019appr\u00eatait \u00e0 la lancer, l\u2019homme \u00e9tait toujours de dos.<\/p>\n\n\n\n<p>\u2014&nbsp;Sans vouloir te commander, car je ne suis pas en situation, referme la porte. La nuit est plut\u00f4t fraiche. Viens donc partager ce repas, \u00e0 moins que tu n\u2019aies d\u2019autres id\u00e9es en t\u00eate.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019homme du chemin \u00e9tait sur ses gardes, le calme de cet inconnu n\u2019augurait rien de bon.<\/p>\n\n\n\n<p>\u2014&nbsp;\u00c9loigne-toi du feu, l\u00e8ve bien tes mains et retourne-toi.<\/p>\n\n\n\n<p>Il claqua la porte et prit le temps de scruter ce visage impassible&nbsp;: un homme des routes lui aussi, la peau \u00e9tait tann\u00e9e par le soleil, les rides bien marqu\u00e9es. Difficile de lui donner un \u00e2ge, mais le gaillard semblait en forme. La t\u00eate \u00e9tait ras\u00e9e avec des motifs runiques qui couvraient la totalit\u00e9 du cr\u00e2ne&nbsp;: un pr\u00eatre, un moine, un mage, enfin un de ces hommes de Dieu ou de l\u2019au-del\u00e0. Ce n\u2019\u00e9tait pas un guerrier, c\u2019\u00e9tait d\u00e9j\u00e0 \u00e7a. L\u2019autre le d\u00e9visageait tout autant.<\/p>\n\n\n\n<p>\u2014&nbsp;Envisages-tu de me regarder de bas en haut, ou ai-je une chance de me v\u00eatir&nbsp;? Ma tunique est s\u00e8che d\u00e9sormais. Je suis d\u2019une nature ouverte, mais je t\u2019avoue que la situation est quelque peu embarrassante.<\/p>\n\n\n\n<p>Le maraudeur baissa son arme et avan\u00e7a.<\/p>\n\n\n\n<p>\u2014&nbsp;Recule un peu et remets tes v\u00eatements.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce que l\u2019homme fit, toujours sans s\u2019affoler.<\/p>\n\n\n\n<p>\u2014&nbsp;Merci, l\u2019ami&nbsp;! Cette simple robe de bure \u00e9tait tremp\u00e9e jusqu\u2019\u00e0 la corde, me voil\u00e0 un peu plus digne et plus au chaud. Je me pr\u00e9sente&nbsp;: Abdias, pr\u00eatre d\u2019une \u00c9glise qui vacille, tout comme ce feu qu\u2019il conviendrait d\u2019attiser un peu si tu veux partager ce repas. \u00c0 moins que tu d\u00e9sires te le r\u00e9server, ce que je trouverais fort peu civilis\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>\u2014&nbsp;Tu sais, moi et la civilisation\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Le maraudeur jeta n\u00e9anmoins quelques buches qui se trouvaient l\u00e0, et le feu repartit de plus belle.<\/p>\n\n\n\n<p>\u2014&nbsp;Je vois que tu es plus dou\u00e9 que moi pour les choses pratiques, je peux m\u2019avancer&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>\u2014&nbsp;Assieds-toi en face de moi que je puisse te surveiller.<\/p>\n\n\n\n<p>\u2014&nbsp;Qui es-tu&nbsp;pour \u00eatre ainsi soup\u00e7onneux&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>\u2014&nbsp;Un maraudeur, un solitaire, qu\u2019importe. Et je n\u2019ai gu\u00e8re envie de faire la conversation, dit-il tout en surveillant la cuisson.<\/p>\n\n\n\n<p>\u2014&nbsp;J\u2019imagine, quand on voit cette \u00e9p\u00e9e et ce baluchon, que tu as si bien sangl\u00e9 autour de tes \u00e9paules qu\u2019il semble faire partie de toi.<\/p>\n\n\n\n<p>\u2014&nbsp;Tu observes trop et tu es bien peu effray\u00e9. C\u2019est assez pour attiser ma m\u00e9fiance.<\/p>\n\n\n\n<p>Il enleva le li\u00e8vre de la broche, le coupa en deux d\u2019un coup sec et tendit l\u2019autre moiti\u00e9 \u00e0 Abdias. Un long silence s\u2019en suivit, entrecoup\u00e9 de bruits de succion puissants. D\u00e9cid\u00e9ment, ce li\u00e8vre \u00e9tait bien maigre. Les petits os tombaient les uns \u00e0 c\u00f4t\u00e9 des autres, r\u00e9cur\u00e9s jusqu\u2019\u00e0 l\u2019extr\u00eame, bien propres, presque nacr\u00e9s. Le feu commen\u00e7ait \u00e0 s\u2019\u00e9teindre quand le pr\u00eatre jeta \u00e0 son tour quelques buchettes et deux grosses branches. Il s\u2019allongea alors non loin de ce feu pour s\u2019endormir aussit\u00f4t \u00e0 m\u00eame le sol, mais le maraudeur alla vers lui.<\/p>\n\n\n\n<p>\u2014&nbsp;Avant je vais juste t\u2019attacher, de quoi dormir tranquille.<\/p>\n\n\n\n<p>\u2014&nbsp;C\u2019est curieux, mais je n\u2019arrive pas \u00e0 \u00eatre surpris. Cela dit, si tu pouvais ne pas me couper la circulation\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019homme desserra un peu les liens et repartit se caler \u00e0 son tour dans un des recoins de la b\u00e2tisse. Avant de fermer les yeux, il regarda plus en d\u00e9tail le vieil \u00e9difice. Les murs \u00e9taient faits de pierres s\u00e8ches et plates qu\u2019on trouvait dans les environs, savamment imbriqu\u00e9es les unes aux autres. Tout ce qui avait pu \u00eatre vol\u00e9 l\u2019avait \u00e9t\u00e9 depuis des lustres, les murs \u00e9taient donc nus, couverts de poussi\u00e8re et rong\u00e9s par endroits par les ronces et la mousse&nbsp;; mais la b\u00e2tisse tenait bon, comme lui, pensa-t-il. On devinait \u00e7\u00e0 et l\u00e0 quelques taches plus claires qui devaient indiquer l\u2019emplacement d\u2019un tableau. \u00c0 part les murs il ne restait rien qui vaille la peine.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le souffle d\u2019Askat T1 : A\u00efwendil le brave Fuyant son pass\u00e9, le taciturne guerrier A\u00efwendil se r\u00e9fugie dans une \u00e9glise en ruine. 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